Bonjour à vous... euh... Hello ? Ah, vous êtes donc tous en vacances, tant pis !
Bonjour à vous... euh... Hello ? Ah, vous êtes donc tous en vacances, tant pis !
Aujourd'hui, épisode pilote de notre nouvelle série soap fiction:
vous pouvez retrouver toutes mes oeuvres en vente ici:
Devenir improvisateur, ou ma petite histoire de la Troupe du Malin.
Avant propos.
Ce témoignage n'as pas d'autre but que de susciter des vocations, et de donner ma vision du jeu d'impro. En presque 10 ans de jeux, de succès, d'étoiles, et de pantoufles, j'ai vu beaucoup de choses, des belles et des monstrueuses, en improvisation. J'ai vu des équipes avec qui j'ai pris un immense plaisir à jouer, et d'autres avec qui j'ai eu de grands moments de solitude. J'ai appris énormément, et j'ai encore beaucoup à voir et à apprendre. Pourtant, je constate aujourd'hui que beaucoup de gens voudraient rejoindre les rangs de cette communauté de joueurs, qu'on appelle improvisateurs, et que cela ne se fait pas toujours de façon heureuse.
Par ce témoignage, je voudrais donner ma vision du beau jeu (même si cela paraît un peu prétentieux) et encourager tout ceux qui veulent faire de l'impro, à le faire vraiment. Je paraphrase ainsi Grégoire Lacroix, en disant que l'impro, c'est comme le jazz, c'est n'importe quoi, mais pas n'importe comment. J'espère aussi répondre à la question que j'entends dix fois par cabaret: « Ça à l'air super dur, comment vous faites ? »
Chapitre 1: Comment tout a commencé.
Nous sommes en 2001, j'ai 19 ans, à peine trois ans de formation théâtrale classique, peu d'expérience, mais beaucoup d'assurance. J'ai écrit, mis en scène et joué deux spectacles (dont un one man show qui tournera cahin-caha pendant deux ans dans les bars de Nantes, avant que je ne l'abandonne, faute de temps et d'envie) et je rejoins la salle Coligny, un dimanche, suite à une annonce épinglée à la fac, par Anna Lepley.
Nous sommes 10: Alexandre Candlot, Sébastien Dorval, Josselin Quentin, Kevin Gueguen, moi, Aude Maitrot, Anna Lepley, Céline Lemarié, Fabienne Cironneau, Bojanna Kovac. Plus tard j'ai appris que certains venaient du MALIN, (mouvement amateur libre d'improvisation nantais) qui venait de péricliter, et d'autres de l'Impromptu, que je n'ai pas connu. Je ne connais rien à l'improvisation théâtrale, et pourtant, ca me tente, j'ai envie de tester, d'essayer. Avec le recul, je me dis que si à l'époque, il y avait eu un recrutement, comme on en fait maintenant, je n'aurais peut-être pas été pris. Je savais jouer, certes, je savais faire un personnage, mais je n'écoutais rien et je n'en avais pas conscience. (Ça va mieux aujourd'hui, maintenant je sais que je n'écoute pas toujours !)
Et nous voilà lancés dans un projet fou, portés par la volonté et le talent d'Anna, de Céline, et de Sébastien, dont le jeu québécquois nous apportera beaucoup. L'idée est simple: donner un rendez-vous régulier au public nantais, lui faire découvrir l'improvisation. L'idée est belle et simple, mais son application sera un peu plus délicate.
A l'époque, il y a très peu d'impro à Nantes. Il y a la LINA, bien sûr, et quelques équipes amateures qui jouent de temps en temps, mais tout ceci reste cantonné à une salle, et très épars. Il va se passer huit mois d'entrainement, de travail, avec Anna qui nous répètera cent fois par séance: « écoutez-vous, construisez ensemble ». J'aimerai dire que j'ai souffert pendant ces huit mois, mais ce serait faux. Je m'amusais beaucoup. Je découvrais tout ça avec des yeux de gosses qui déballe un très gros cadeau. Pendant ces huit mois, nous avons travaillé les bases: l'écoute, la construction, les personnages, la voix, les voix, le physique, les émotions.
Puis, est venu le temps de se jeter dans le bain. Notre premier cabaret s'est fait dans un bar de la rue de l'Emery, quartier Bouffay, le Callaway. C'est amusant de se souvenir de tout ceci: Au début, on a fait le tour des bar, pour leur demander de jouer chez eux. On a parfois reçu des accueils glacials, et surtout beaucoup de refus. Ce bar est le premier qui a dit oui. On a joué avec de vieux maillots orange, dont j'ignore le destin aujourd'hui, et ce fut un bon cabaret. Le patron a aimé, le public aussi. Puis est venu le festival universitaire. Accueil chaleureux du public, bonne ambiance, bonne crise de rire. La troupe du malin était née.
L'année 2002 verra arriver parmi nous deux joueurs: Sarah Normand et Habib Barry, qui ne restera que quelques mois. Elle verra aussi notre installation au Violon Dingue et au Live Bar, et l'arrivée de nos premiers vrais maillots d'impro, ceux qui nous servent encore aujourd'hui, ainsi que la naissance de notre logo. Elle verra aussi naître un projet de troupe, initié par Sébastien, qui, avec son équipe à Québec, Les Enfants de la Vieille Dame , participe chaque année au tournoi de Victoriaville. L'année 2002 verra aussi le départ de « Djoss » qui a des projets musicaux, et nous quitte un peu déçu de ne pas pouvoir participer à l'aventure québécquoise. Cette année là sera décisive pour la troupe, car elle verra naître une cohésion de groupe, un esprit de troupe, et toujours, des entrainements, et Anna qui nous répète à l'envie d'écouter, de construire, de tenir les rôles, d'assumer et de ne pas plomber les impros par de la « blagouze » Je réaliserai bientôt combien elle avait raison !
Le tournoi d'improvisation de Victoriaville restera à tout jamais un de mes meilleurs souvenirs d'impro. Nous avons travaillé, joué et récolté des fonds pendant deux ans pour arriver enfin à Montréal, totalement excités par la perspective de nouvelles rencontres. Dans ces moments-là, vous ouvrez grands les bras, pour accueillir l'inconnu, et c'est sans aucun doute pour cela que je garde un meilleur souvenir du premier voyage que du second, même si bien sûr, j'en garde un bon souvenir aussi. Ce premier tournoi fut le théâtre de mes deux premières étoiles, et il m'a fallu longtemps avant de comprendre pourquoi.
J'aborde ici un point très particulier et très personnel: l'état d'esprit en jeu. Le premier match qu'on a fait à « Victo » a été grandiose, pourtant, il a mal commencé. Je me souviens parfaitement de la première comparée, on était mené au score, et allez savoir pourquoi, il y a mésentente entre mes équipiers. Je me rappelle parfaitement Céline qui ramait pour essayer de raccorder les morceaux épars. Je suis en réserve, et je suis obsédé par une chose: Il faut que la mayonnaise prenne, parce qu'on ne sait pas où on va ! Je rentre alors une seconde fois, avec mon personnage, et lance tout le coaching en une phrase. L'impro se relance, on prend le point. Le reste du match se passera super bien, et je resterai jusqu'au bout avec cette idée: « Où va-t-on ? »
La fin du match voit notre victoire, et Ô surprise, Ô joie ineffable, ma première étoile. Je mentirai en vous disant que je m'y attendais. J'étais surpris, heureux, et fier. Je suis félicité par mes camarades, et on se prépare pour le second match. On en profite pour boire quelques bières (boisson officielle des improvisateurs) on voit jouer les autres équipes, on ne comprend pas tout, (québécquois oblige) et nous voici à notre second match.
Surboosté par mon étoile et par l'envie de jouer, je regarde et joue chaque impro comme un bricolage, un légo, un jeu de construction dont je me veux le maître d'œuvre, l'architecte. Je vois mes copains qui se marrent, et je m'amuse comme un fou. Encore une fois, je suis dans un état d'esprit d'ouverture, je prend tout ce qu'on me donne, et je ne garde qu'une chose en tête: Construire, et avancer. Nous gagnons le match, et cette fois, je m'y attendais, j'obtiens ma seconde étoile, et ainsi mon passeport pour le match des étoiles, auquel participent également des joueurs de la LNI, la prestigieuse ligue d'improvisation québécquoise.
Le match des étoiles, match qui regroupe en deux équipes les meilleurs joueurs de chaque ligue, ou équipe prenant part au tournoi, me permettra de faire une impro avec une joueuse de la LNI, une impro pleine d'émotion où je parle avec le fantôme de ma victime, que j'ai étranglée. Une improvisation qui va me vider, tellement je m'investit dans le personnage, un improvisation, qui, sans le talent de ma coéquipière, n'aurait pas marchée et où (et je m'en rend compte maintenant) j'aurais pu prendre une faute de rudesse.
Le match de la finale se fera entre nous et l'équipe de Sébastien, Les Enfants de la Vieille Dame . Personnellement, je constate alors le niveau de jeu, le talent de cette équipe, et je comprend à peine le travail que nous avons à fournir avant d'atteindre une telle qualité de jeu, surtout moi.
Imaginez un instant ce qu’on peut ressentir quand 500 personnes vous acclament sous un chapiteau surchauffé, quand vous vous retrouvez en face d’une bande de copains, parce qu’en trois jours, et quelques litres de bières à chaque soir, ils sont tous devenus des copains, imaginez-vous vous sentir pousser des ailes, parce que jamais vous n’auriez imaginé aller aussi loin dans la compétition. Lors de la dernière impro, qui fut une fusillade, j’ai ressenti quelque chose qu’on ressent rarement. Une sorte de courant électrique, qui parcours le public, et vous permettrai presque de lire dans leurs pensées, un sentiment très fort, une joie immense, qui vous porte, et vous donne envie d’aller encore plus haut. Ce sont des moments magiques, et je souhaite à chaque improvisateur de se trouver un jour dans ma position, qu’il soit, pour une minute ou trente secondes, l’attention de tout un public. Qu’il se sente porté par ce courant électrique. Parce que tout simplement, c’est un moment qu’on ne décrit pas avec des mots, c’est un instant fugace qu’on vit, intensément.
J’ai conscience là, que je donne l’impression d’être totalement exalté, mais rassurez-vous, ce fut le cas.
Ce premier tournoi aura été pour moi une révélation, et la confirmation d'une passion. Il m'a permis de voir que je pouvais faire des choses extraordinaires. Mais il m'as fallu au moins quatre ans après, avant de revenir avec cette envie, et cette ouverture d'esprit. J'ai déjà dit que j'avais découvert l'impro comme un gosse, que j'avais joué comme un gosse, sans autre envie que celle de jouer, et bien j'ai réagi comme un gosse après, je me suis senti plus fort que tout le monde, et j'avais tort, et ce n'est pas mes copains qui me le feront comprendre vraiment, même si Céline et Anna tenteront de me faire réagir, je n'ai pas voulu écouter sur le moment, c'est le public qui s'en chargera, et ce, de la plus terrible des façons.
Chapitre 2: désillusions.
Après le second tournoi de Victoriaville, quelque chose en moi a changé. Quelque part, j'estime que j'ai du talent, que je suis bon, et que je dois le montrer, et le prouver sur chaque cabaret, chaque improvisation. Je veux tellement le montrer que finalement, et disons-le clairement, je fais de la merde. Non seulement je ne suis pas drôle, mais en plus je massacre le travail de mes camarades, je n'écoute pas, et je ramène ma grande gueule. J'ai beau en avoir conscience (et de toutes façons, on me le dit souvent) je ne veux pas l'admettre. Dans les quatre années qui suivent le second tournoi, je vais peu évoluer, ce qui me vaudra beaucoup de remarques de mes copains. Tantôt je fais des choses intéressantes, voire de très belles impros, tantôt je fais n'importe quoi. Avec le recul, je constate que dès que je suis sur une catégorie libre, je laisse parler mon imaginaire de façon incontrôlée, ce qui donne n'importe quoi. Mes copains ont du mal à me suivre, et à me comprendre. A fortiori, ils ont du mal à me faire confiance, Alors que sur les catégories qui demandent de la technique, je ne veux qu'une chose, respecter la catégorie et l'univers imposé. Ceci est plus personnel, mais j'estime qu'il est plus facile de respecter une catégorie imposée, puisque vous avez déjà une architecture de prête.
Durant ces quatre années, plusieurs évènements d'importance vont se produire: Le malin se lance dans les matchs, construit sa propre patinoire, recrute des joueurs de qualité: Servanne Daniel, Mathilde Banderly, Fabien Rabiller, Hugo Chereul, Juan Pablo Miño, Jérémy Sanaghéal, Damien Mourguy. Quelques joueurs ne resteront pas, et d'autres se révèleront des paris gagnants pour l'avenir, je ne vais pas tous les citer, mais sachez que tous les joueurs qui ont intégré le Malin (à ce jour, en 2010, et avant recrutement, une trentaine !) ont participé, et joué un rôle important au sein de la troupe. La Troupe du Malin doit désormais répondre à une demande croissante des lieux et des équipes qui nous invite. Si au tout début, nous devions presque supplier les bars, maintenant, ils nous réclament, et les décisions de recrutements se font aujourd'hui pour deux raisons: garder un esprit d'ouverture, et répondre aux demandes. La volonté de rester une troupe ouverte et soudée à la fois est certes plus difficile à maintenir, parce qu'il faut composer avec plus d'individualités (et donc des AG de plusieurs heures !!), mais elle est toujours là. La troupe a aussi été secouée par des changements majeurs: le départ des piliers de la troupe (Céline, Sébastien, Anna, Alex, Fafa, Sarah, Kévin, Aude) a déstabilisé le groupe, mais a aussi permis à d'autres de prendre confiance, et de se lancer. Pour ma part, je m'implique beaucoup plus aujourd'hui dans l'organisation et la vie de la troupe qu'avant.
Je parlais de changements plus haut. Je veux revenir sur deux évènements qui vont me marquer, et me faire prendre conscience de l'importance de la rigueur et du sérieux que prêchent Céline, Anna, mais aussi Pierre Ouzet, de la Lina.
Le premier est un « tournoi » d'improvisation à Ambon, où nous avions été invité. Appeler ceci un tournoi relève de la pure vision d'esprit, tant ce que nous avons découvert nous a surpris, et déçus, au point d'avoir vu la cuite d'équipe la plus rapide à ce jour (et pourtant, Les voyages au Québec avaient placés la barre haute !) Ce tournoi donc, n'avait de tournoi que le nom, car l'organisation ne tenait pas debout, l'arbitre faisait le clown, les joueurs aussi, et très mal ! Les équipes ne se connaissaient pas, et faisaient rudesse sur obstruction avec la bénédiction de l'arbitre! Je me suis senti notamment extrêmement seul sur une improvisation où pendant trois minutes, trois joueurs en face n'ont fait que hurler « on va te tuer ». A la fin, je peux vous jurer que c'est le joueur, et non le personnage, qui a hurlé: « Je veux parler ! ». Ce jour-là, j'ai réalisé que Céline avait parfaitement raison, quand elle disait que le cadre du match d'impro est extrêmement important, et que sans cadre clair et tenu, il n'y a pas de match. J'ai aussi compris que faire de la « blagouze », c'est drôle une fois, pas deux. Depuis, je tiens beaucoup au cadre, au décorum, et à l'organisation. Avec le recul, je me dis que si j'avais été meilleur, j'aurais accepté cette rudesse, et j'aurais accepté de me faire tirer dessus. Ensuite, et bien, j'aurais fait confiance à mes amis, Parce que visiblement, les joueurs en face n’avait qu’une seule idée : Tuer le mec d’en face, mais une fois ceici fait, que restait-il ? Rien. Il aurait donc été très facile à mon équipe de reprendre le dessus et de les mener où ils auraient voulu.
Le reste du tournoi fut pour l'équipe l'occasion de rester soudée, quitte à déplaire à tout le monde, et de prouver au public, qui ne voyait que de la « blagouze » de leur montrer autre chose, de plus posé, et plus poétique aussi, et ce fut notre fierté d'entendre des gens dans le public dire: « C'est bien ce qu'ils ont fait».
Le second événement est personnel, et je ne le souhaite à personne. C'était un match avec Rennes, Pierre Ouzet était leur coach, et je jouais. Enfin je jouais... Encore une fois, je me contentais de ramener ma grande gueule. Une impro commence, très posée, très bien faite, une rencontre entre deux personnages, qui ont un coup de foudre. Et là, j'entre, je suis le père de la fille, le vieux roublard qui n'aime pas le garçon. J'ai cassé une ambiance sans même m'en rendre compte, mais le public, lui, l'a vu, et m'a condamné. J'ai pris une volée de pantoufle instantanément. Ce fut la chose la plus dure que j'ai jamais endurée sur un match, parce que malgré les huées et les pantoufles, j'ai dû continuer, on ne quitte pas une impro comme ça !
Je ne suis plus rentré du match, abattu, abasourdi, ne comprenant pas pourquoi j'avais subi une telle punition. Il faut bien se rendre compte, qu'entre cent personnes, et moi, ceux qui ont raison, c'est eux ! On joue pour le public, on écrit des histoires pour le public, pour soi aussi, mais avant tout, on doit quelque chose aux gens qui viennent vous voir, il y a un contrat moral passé entre vous, les joueurs, et eux, le public, on doit leur offrir le meilleur. Pierre est venu à la mi-temps, voir comment j'allais, et je n'allais pas bien du tout. Je me souviens qu'il m'a dit que ce n'était pas grave, et que je devais revenir dans la patoche.
J'ai mis longtemps à comprendre, et surtout à accepter le fait que j'étais mauvais, parce que je voulais absolument être le meilleur, le plus drôle, et que je voulais briller sous les projecteurs. J'ai fini par accepter, et par changer, mais ca demande une très grosse remise en question. Je crois bien ne pas avoir joué pendant un mois, me demandant même si je devais continuer. Heureusement pour moi, l'improvisation est une drogue dure, dont je n'ai pas la moindre envie de me débarrasser, et je suis donc revenu, en prenant bien soin de me taire.
C'est fou ce qu'on apprends vite quand on se tait ! A partir de là, lentement, mais surement, j'ai commencé à bien jouer. Aujourd'hui je sais que je ne serais jamais le meilleur joueur du monde, mais je fais tout pour être un bon joueur, un joueur sur qui on peut se reposer.
Chapitre 3: On ne prend pas les mêmes, mais on recommence !
Concrètement, quel enseignement je retiens de ces huit ans d'improvisation ? Huit ans, c'est peu, mais avec le malin, c'est trois dates par mois en moyenne par an, (je globalise, on ne joue pas l'été ) et cent cinquante heures d'entrainements par an, ce qui fait donc en huit ans un total de 288 cabarets et matches, ainsi que 1200 heures d'entrainement. C'est beaucoup, et peu à la fois, sachant que j'ai eu l'occasion de rencontrer des joueurs qui ont 20 ans d'impro derrière eux, j'en suis très loin ! De tout ceci donc, je retiens une chose importante: les meilleures improvisations que j'ai pu faire, je les toujours faites « à poil » C'est-à-dire en partant sans aucune idée, ou très peu, mais avec cette idée simple: on va bien voir. Les pires improvisations que j'ai pu faire, je les faites dans un mauvais état d'esprit, une volonté de « faire le match » montrer que je suis fort, que je peux tout faire. Malheureusement, je sais pas jouer la « win », et faire les choses bien. Je ne sais pas le faire, et je ne saurais jamais. Aujourd'hui, quand je me mets en situation de jeu, je cherche surtout à vider ma tête de toutes les idées que j'ai. Ainsi il ne reste qu'une chose: « on verra bien ». Je me rends disponible pour tout le monde, pour le public, pour mes amis. Si j'ai la bonne idée, je prends le lead, sinon, je suis, et je prends ce qu'on me donne. J'ai cette idée que j'exprimais plus haut: j'ouvre grand les bras, et accepte l'inconnu. Comme le dit souvent le sieur Gueguen: Laissez-vous surprendre par l'impro. C'est en effet la meilleure chose que vous ferrez jamais dans un match, ou un cabaret.
Cette volonté de se rendre ouvert et disponible devient d'autant plus facile à concrétiser, qu'avec l'expérience, et l'entrainement, il y a des réflexes qu'on acquiert et qui ne vous quittent jamais. Ces réflexes vous permettent justement de faire confiance. Faire confiance aux joueurs en face, faire confiance à l'équipe, et se faire confiance, en se disant, que quoiqu'il arrive, quelle que soit la proposition, on sera capable de rebondir, de prendre, et d'aller de l'avant.
Au fil des experiences, des cabarets, des matches, et des entrainements, le malin s'est construit une identité, une image, et un style de jeu. Il n'est pas ici question de prétendre que seule la Troupe du Malin sait faire de l'impro, car les créations de troupe se multiplient sur la région depuis quelques années, et j'aime à croire que nous avons initié le mouvement. C'est d'ailleurs avec beaucoup de plaisir que nous voyons le nombre d'équipe et de formation augmenter sur la région, parce que, "conccurence" oblige, cela va pousser les joueurs à s'investir, à faire de leur mieux, à monter le niveau de jeu, et qu'en définitive, cela sera bénéfique pour le public, qui finira par avoir un regard plus critique sur le jeu. Cela s'observe déjà au niveau de notre public, il connait mieux l'impro, et se montre beaucoup plus critique maintenant qu'il y a huit ans, et c'est bien. Il n'est pas non plus question de prétendre que la Troupe du Malin est la meilleure, encore une fois, nous avons eu l'heureuse occasion de jouer avec des équipes dont le niveau de jeu est grandement supérieur au notre. Il est seulement question d'expliquer pourquoi nous sommes encore présent au bout de huit ans.
La Troupe du Malin est une troupe jeune, comparée à certaines ligues qui existent depuis 10 ou 20 ans, mais je pense que, parce que nous sommes capable d'objectivité, de remise en question, et d'ouverture, nous sommes sur la bonne voie pour faire de cette idée, de cette envie, de ce pari fou, un projet humain à long terme.
Parce que le public devient plus critique, nous avons une obligation envers lui, d'élever toujours la qualité de jeu, et de rester force de proposition dans les univers, les formules, les histoires. Nous sommes capable, et nous devons, faire toujours mieux. Pour cela, il nous faut être sérieux sur les concepts, rigoureux dans le respect des décorums, afin que le public se sente toujours en confiance, et soit en mesure d'accepter ce qu'on lui propose. Cette rigueur, et la logistique qui l'accompagne, s'acquiert avec le temps, et même si je comprends tout-à-fait certaines équipes qui me disent: "On est amateurs", je ne peux pas m'empecher de répondre qu'amateur ne veut pas dire amateurisme. Quand un public vient voir le Malin, il paie une place, il y a donc un contrat moral, passé entre eux et nous. Ce contrat, il nous faut l'honorer.
Cet aspect de l'improvisation, cette rigueur, est visible sur le match d'improvisation. Il faut savoir que le concept de match d'impro est un concept écrit, déposé, et demande, "à priori" un respect du décorum, à la virgule prêt. Cela doit vous paraître exagéré, et c'est tout-à-fait compréhensible. Mais observez bien le déroulement d'un match la prochaine fois. Vous y verrez toujours le même cérémonial, la même organisation, le même déroulement.
D'une manière générale, si vous trouvez le concept du match trop écrit, trop lourd, et que vous préférez écrire votre propre concept, vous en avez totalement le droit, et je dirais même, le devoir; mais attachez-vous toujours à être le plus clair, le plus précis, et le plus rigoureux possible, afin que, dans le cadre ainsi établi, les joueurs, et le public, puisse s'y épanouir en toute quiétude. J'ajouterais que, quelque soit la forme que vous donnez à l'improvisation, si vous tenez le cadre de façon précise, alors le reste se déroulera sans problème, et vous aurez un bon spectacle. C'est selon moi, ce qui contribue à donner une bonne réputation au Malin, même si parfois les show sont moins bons, les joueurs un peu en dessous, ou juste en manque d'inspiration. Le cadre est là, tenu, clair, respecté. Le public peut donc se concentrer sur la performance des joueurs, et rien d'autre.
L'improvisation réclame donc, selon moi, travail, rigueur, et respect du public. Ceci est la base même du jeu, base sur laquelle on peut ensuite vraiment jouer, s'amuser, et se faire plaisir. Ce constat, je l'établis sur la base de ma propre expérience, de mon vécu, et des conclusions que j'en ai tiré. Je ne prétend pas asséner une vérité, disons simplement que c'est ma vision de l'improvisation aujourd'hui. Et franchement, le petit quart d'heure de gloire, avec les applaudissements du public, et les félicitations d'après show valent bien cet investissement en temps et en travail, c'est sûr !
Chapitre 4: A vous !
Comme je le disais plus haut, j'entend régulièrement une question dans les conversations d'après show: "Ca doit être super dur, vous faites comment ?"
C'est très simple dans le fond. Il suffit d'avoir 5 ans d'age mental. Dites-vous que tout le travail, les techniques, les réflexes acquis en entrainement, il faut les mettre au service du môme de 5 ans qui se cache quelque part dans votre subconscient. C'est cela, qui fait un bon improvisateur. Bien sûr, tonton Gérard qui fait marrer tout le monde avec ses blagues lors des réunions de famille, va clamer à qui veut l'entendre qu'il peut le faire, ou qu'il aurait dû faire comédien plutot qu'employé de la Poste, parce hein, qu'est-ce qu'on se marre avec la blague du cheval peint en vert !
C'est vrai, ca fait marrer... Avec trois wisky dans le nez, minimum. Mais ce n'est pas cela, à mon sens, qui fait un bon improvisateur, car tonton Gérard, au mieux, c'est un cabotin de première, au pire, il est chiant au bout de trois minutes. Oubliez les clichés, vos blagues entre potes, oubliez-vous. Si vous voulez devenir un bon improvisateur, oubliez tout ce que vous croyez, travaillez les techniques d'écoutes, de construction d'histoires et de personnages. Travaillez-les et mettez-les au service de ce petit enfant de 5 ans qui inventait des histoire de gorille mangeur d'aliens, de dragon muet, ou de voleur au grand coeur.
Ensuite, montez sur scène, ouvrez les bras, accueillez l'inconnu, acceptez tout ce qu'on vous dit, que la moindre phrase devienne vérité historique, et laissez vous surprendre par l'histoire que vous écrirez. Vous n'aviez pas prévu d'être papa de trente enfants ? Tant pis, on vient de vous l'apprendre, et c'est vrai. Vous pensiez être à la piscine, et en face, on vous ouvre la porte d'un sous-marin ? Ben ca tombe bien, vous vous trouvez dans un sous-marin équipé d'une piscine ! Vous allez mourir d'un cancer ? Mourez ! et dites à ceux qui restent combien la vie est belle et précieuse, dites-le avec toute la force qui vous reste, parce que vous devez les convaincre de cela à tout prix, même au prix de votre dernier souffle. Rien ne vous empeche de créer, les histoires n'ont de limite que votre imaginaire, et votre capacité à dépasser vos à prioris, à vous dépasser vous-même. Ca vous parait encore une phrase éxaltée ? C'en est une, car je le suis moi, exalté, et un peu fou aussi. Mes amis disent que je ne suis pas tout seul dans mon cerveau, c'est surement vrai, mais en attendant, qu'est-ce qu'on se marre !
bon, encore une polémique. encore des gens qui savent pas penser, pourtant, il est tout de même intéressant de constater une chose dans l'affirmation de M. Zemmour: "C'est un fait" sauf que ce fait est erroné car incomplet, je m'explique: dans la mesure où en France, il réègne un raciste ordinaire et latent, on va contrôler plus facilement les noirs et les arabes. donc, forcement, on va trouver plus de trafiquants, délinquants, noirs et/ou arabes. Donc, on en trouve plus, donc, on en contrôle plus ! il ne peut donc être établi, sur la base de faits incomplets (puisqu'on ne contrôle pas autant les blancs) qu'il y a plus de noirs et d'arabes délinquants. Je m'étonne d'ailleurs que M. Zemmour souligne le fait que les noirs et les arabes sont plus contrôlés et qu'il ne mette pas en lumière le déséquilibre que cela entraine ! non, il se contente d'assener, dans toute sa splendeur d'homos blablatus : "c'est un fait". Et bien non, M. Zemmour, le fait avéré, est qu'effectivement, on contrôle plus les noirs et les arabes, pour le reste, je vous invite a utiliser votre carte de presse pour en avoir le coeur net, au moins, elle vous servira utilement. a bon entendeur !
première news de la matinée: johnny est sorti de coma: on a sauvé l'identité nationale ! maintenant, on peut taper tranquille sur les bougnoules !
haalala mes pauvres enfants ! silvio berlusconi s'est fait agressé ! Non mais je vous jure, c'est quoi ce travail, alors un coup on veut le cannoniser, le coup d'après, on veut le crucifier, finalement, on veut lui tataner la tronche !
Bonjour à tous.
Je ne suis qu'un citoyen
dans cette médiocratie
et voit chaque jour mon pays
foncer droit vers le ravin
jusqu'ici je disais rien
espérant de meilleurs lendemains.
mais là je monte au creneau
pour défendre rodolphe belmer
dont nico voudrait la peau
et accessoirement les faire taire
Mais si tu touches au guignols
je t'éclates les roubignolles !
Je ne suis pas un méchant
mais faudrait pas m'enerver
toucher a des resistants
c'est toucher à ma liberté
mais si tu touches aux guignols
je t'éclates les roubignolles !
Il fallait que tu sois prevenu
ils s'ront jamais abattus
et si quand même tu le fais
alors je prendrais le relais
mais si tu touches aux guignols
je téclates les roubignolles !
Retourne donc te doucher
histoire qu'tu sois propre sur toi
il ne faudrait pas gacher
ce s'rait scandaleux a c'prix là
mais si tu touches aux guignols
je t'éclate les roubignolles !
ton fiston a du métier
il saura bien se défendre
à moins qu'il ait mitonné
et ca ne vas pas m'surprendre
mais si tu touches aux guignols
je t'éclate les roubignolles !

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